BZZ BZZ BZZ LES ABEILLES
Des nouvelles de la Ruche Pédagogique
Comme vous l’avez peut-être remarqué si vous vous promenez au Jardin de Kerampéré, les abeilles ont fait leur grand retour dans la ruche pédagogique depuis la mi-mai et devraient y séjourner jusqu’à la mi-juillet, date à partir de laquelle la présence des frelons asiatiques risqueraient de mettre en cause l’existence même de la colonie.
Il s’agit d’un petit essaim d’abeilles noires * (apis mellifera) qu’Isabelle, notre apicultrice préférée qui prend soin de la ruche du Jardin de Kerampéré, a pu récupérer et installer bien au chaud dans la ruche.
Malheureusement, la ruche présente dans sa conception même un défaut majeur qui empêche aux abeilles ouvrières « croque-morts » d’évacuer leurs congénères, du fait de la longue cheminée qui rend leur transport hors de la ruche épuisant, voire impossible à réaliser.
De ce fait, Isabelle vient régulièrement évacuer elle-même les abeilles mortes mais ne peut suppléer totalement aux abeilles « croque-morts ».
Cette ruche pédagogique est donc condamnée à n’héberger une colonie que quelques mois par an, faute de possibilité de trouver une solution technique à l’extraction naturelle des abeilles mortes, ce à quoi s’ajoute le redoutable fléau des frelons asiatiques.
Profitons tout de même de ces quelques moments privilégiés pour admirer leur travail et leur offrir ce qu’on a de meilleur au Jardin de Kerampéré, ronces, fleurs, talus ainsi que calme et sérénité.
Et merci à Isabelle de nous permettre d’être plus attentif encore à cette biodiversité si précieuse pour l’avenir de notre Planète.
« Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ». Albert Einstein
Mais qui sont donc ces abeilles croque-morts ?
Elles sont une minorité à pouvoir exécuter cette mission. Les abeilles croque-morts ont pour mission de détecter la présence des abeilles mortes dans la ruche. Elles retrouvent les cadavres et les jettent hors de la ruche, pour préserver la ruche et conserver un espace de vie propre et salubre. Un insecte putréfié est source d’agents pathogènes, et donc une menace pour la colonie.
Mais comment procèdent-elles et que font-elles au juste ?
L’identification des cadavres
La première chose que doit accomplir une abeille croque-mort est la détection et l’identification d’éventuels cadavres dans les différents coins et recoins de la ruche.
Tant qu’elle est vivante, et pour ne pas se dessécher, l’abeille sécrète des substances chimiques. Une fois morte, son corps cadavérique dégage des sécrétions différentes morphologiquement de celles qu’on lui connaissait vivante. Les abeilles croque-morts perçoivent le changement et s’en servent comme d’un signal pour faire la différence entre une abeille vivante et une autre décédée.
L’extraction des cadavres
Le signal chimique dégagé par le cadavre de l’insecte fait comprendre à une minorité d’abeilles ouvrières qu’elles doivent obligatoirement évacuer le cadavre.
Étant à l’origine des abeilles nettoyeuses, les croque-morts savent qu’elles sont responsables de la propreté de la ruche et de la bonne santé de ses habitants. Elles saisissent alors le cadavre grâce à leurs très puissantes mandibules et le déplacent jusqu’à le rejeter hors de la ruche. Durant toute l’opération, l’abeille croque-mort ne se déplace pas de manière aléatoire, au contraire, elle suit un chemin bien défini.
Une équipe de pompes funèbres professionnelle !
Le service des pompes funèbres qu’assurent les abeilles croque-morts se fait très efficacement, comme s’il était pris en charge par une équipe de professionnels.
En effet, et selon les observations des scientifiques, entre l’instant où l’abeille trouve la mort, la détection de son cadavre par les croque-morts, son extraction et son évacuation hors de la ruche, il faut compter juste une heure. C’est le temps qu’il faut à l’équipe des croque-morts pour s’acquitter de leur tâche.
D’instinct, ces abeilles croque-morts devinent que la priorité des priorités est d’évacuer les cadavres. Il y va de la salubrité de la ruche. Les autres déchets et débris peuvent attendre, parce qu’ils n’ont pas le même impact sur la santé des habitants de la ruche.
Et au cas où, les abeilles croque-morts trouvent, en même temps, plusieurs cadavres dans la même ruche, elles restent toujours efficaces et professionnelles. En fait, elles sont capables d’identifier l’heure de la mort de chaque abeille et de déterminer celle qui est décédée en premier. Le nettoyage se fait alors méthodiquement selon l’heure de la mort de chaque insecte, le tout dans un ordre bien tracé et bien défini.
* L’Abeille noire (Apis mellifera) est apparue dans l’ouest de l’Europe il y a un million d’années, bien avant Homo sapiens. En survivant à deux périodes glaciaires, elle a développé de remarquables qualités de résistance et d’adaptabilité. L’Abeille noire bretonne est une souche locale, rustique et économe. Elle gère ses ressources avec prudence et son rythme de vie est adapté au climat et à la flore du Finistère. Elle est trapue, robuste, adaptée au vent, autonome dans la gestion de ses réserves. Autant de raisons qui font qu’elle traverse avec succès l’hiver breton.
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